Pourquoi un nouveau terminal

Le terminal a peu changé depuis des décennies, pendant que les éditeurs de code gagnaient l'autocomplétion puis l'IA. C'est ce constat qui a poussé Zach Lloyd, ancien ingénieur chez Google, à lancer Warp en 2020.

Ce que c'est concrètement

Warp est écrit en Rust et accéléré par le GPU, ce qui le rend rapide même avec de gros volumes de sortie. Depuis 2025, il se présente comme un environnement de développement agentique : il peut générer des commandes, corriger des erreurs et exécuter des tâches via l'IA. Le projet s'est ouvert à l'open source en 2026.

Warp tourne sur Windows, Linux et macOS. À l'installation, il détecte le shell existant et importe la configuration déjà en place (alias, variables, fonctions). Un compte n'est nécessaire que pour activer les fonctionnalités IA avancées : le terminal de base fonctionne sans.

Les fonctionnalités qui changent l'usage

Les blocs

Dans un terminal classique, tout s'accumule dans un seul flux continu. Dans Warp, chaque commande et sa sortie forment un bloc séparé, qu'on peut sélectionner, copier ou partager indépendamment du reste.

C'est la fonctionnalité que j'utilise le plus. Quand une commande produit une sortie longue (un build, des logs, un diff), je la retrouve d'un coup d'œil et je la copie sans capturer trois autres commandes autour.

Un éditeur de texte pour la ligne de commande

Saisir une commande dans Warp fonctionne comme dans un éditeur de texte classique : positionnement du curseur à la souris, édition au milieu d'une ligne sans naviguer flèche par flèche. Un détail qui compte surtout sur les commandes longues, avec plusieurs options ou chemins de fichiers.

La palette de commandes

Un raccourci (CMD-P sur macOS, CTRL-SHIFT-P ailleurs) ouvre une recherche globale sur l'historique, les fichiers et les réglages.

C'est le réflexe que j'ai gardé de VS Code et que je retrouve enfin dans le terminal. Plutôt que de remonter l'historique avec la flèche du haut pour retrouver une commande tapée la semaine dernière, je cherche trois lettres dans la palette et je la récupère.

Les workflows

Un workflow est une commande complexe enregistrée une fois, nommée, documentée et paramétrable avec des variables ({{ma_variable}}). On peut piocher dans la bibliothèque communautaire ou créer les siens depuis l'interface, en renseignant nom, description et variables.

C'est ce qui me fait gagner le plus de temps au quotidien. Les commandes que je tape souvent, avec des options que j'oublie régulièrement, je les transforme en workflow une fois pour toutes. Je n'ai plus besoin de fouiller mon historique de shell ni de rouvrir un README pour me souvenir du bon flag.

Warp Drive

Warp Drive centralise et partage workflows, variables d'environnement, notebooks et autres éléments enregistrés, à titre personnel ou en équipe.

L'IA embarquée dans Warp

Autocomplétion proactive

Warp observe l'activité et propose des complétions de commandes, sur le même principe que Copilot dans un éditeur de code.

Générer une commande en langage naturel

En préfixant sa saisie par #, on décrit ce qu'on veut faire et Warp propose la commande correspondante.

Le mode agent

Lancé via /agent, ce mode va au-delà d'une simple suggestion : il peut modifier du code, créer des commits et ouvrir des pull requests pour accomplir une tâche de bout en bout.

Les modèles disponibles

En mode agent, le modèle se choisit dans une liste déroulante : Anthropic, OpenAI, Gemini, Grok, ou des modèles open source.

MCP : connecter Warp à ses outils

Le Model Context Protocol permet aux agents de Warp de se connecter à des outils externes. La configuration se fait dans Settings > Agents > MCP servers, avec des serveurs prêts à l'emploi ou une configuration personnalisée.

Le prix

FormulePrixInclus
FreeGratuitFonctionnalités de base, clé API personnelle utilisable
Build20 $/mois (18 $/mois en annuel)1 500 crédits/mois, mode agent étendu, indexation de codebase, Warp Drive illimité
Max200 $/mois (180 $/mois en annuel)Tout Build, douze fois plus de crédits
Business / EnterpriseSur devisFormules équipe

Pour un usage solo, la formule Free suffit largement. Build devient intéressant pour utiliser les modèles IA de Warp sans gérer ses propres clés API.

Mon avis

Trois fonctionnalités justifient à elles seules le changement de terminal : les blocs, la palette de commandes et les workflows.

Les blocs et la palette résolvent le même problème : retrouver une commande ou un résultat passé sans remonter tout l'historique. Les workflows remplacent les alias que j'accumulais dans mon .zshrc, ceux dont j'oubliais la moitié des options. Une fois nommés et documentés, ils survivent au changement de machine et se retrouvent en trois lettres dans la palette.

Le mode agent et la génération de commandes en langage naturel sont pratiques ponctuellement. Les blocs, la palette et les workflows sont ceux que j'utilise tous les jours, et ceux qui justifient d'installer Warp même sans toucher à ses fonctionnalités IA.